KOFI YAMGNANE: HEROISME? SAGESSE? MYTHE?

  • Si je porte le prénom de Kofi, c’est parce que je suis un garçon né un vendredi et qu’on n’attendait pas… Autant dire que bien que fils de vendredi, je ne suis pas Robinson Crusoë, le héros d'Edgar Poe: à ma naissance, personne ne m’a pris la main pour me guider à travers les trop nombreuses chausse-trappes de la vie… Mon père, mon grand-père, mon arrière-grand-père et, aussi loin que l’on puisse remonter dans ma généalogie, tous mes aïeux étaient métallurgistes: ils maîtrisaient le feu et savaient transformer en fer les minerais de la montagne de Bangéli. Le sort naturel qui m'était réservé est celui de tous les miens:petit paysan pauvre exploité par l'homme, brûlé par le soleil. Emmené à l'école des blancs(le hasard? le destin? la chance?) en quittant pour longtemps mon village, aujourd’hui je mesure le chemin parcouru et je note sans aucune perturbation ni aucune fierté particulière, que trois temps ont scandé ma vie: Né animiste dans la brousse togolaise, sans rien demander à personne, je m’impose par ma différence: héroïsme? Emmené à l’école des blancs par un inconnu, plongé malgré moi dans le monothéisme chrétien, je gagne l’entière confiance de mes maîtres-missionnaires-convertisseurs: sagesse? Pris en charge par la République laïque, égalitaire et tolérante, j’acquiers la conscience que pour vivre ensemble, il faut accepter la diversité: mythe?

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30 novembre 2008

COMPLEMENTARITE ET DIVERSITE CULTURELLE

1       QU’EST-CE QUE LA CULTURE? 

Selon moi, la culture, c’est tout ce qui contribue à construire l’identité d’un individu: la langue, les arts, la tradition sociale, la conception politique des organisations humaines…etc. voilà les grands axes, les grandes rivières que viennent nourrir de nombreux ruisseaux, les « chevelus », comme on dit en hydraulique, à savoir :

Ø     la religion, le sacré, la spiritualité ;

Ø     la conception philosophique de la vie, de la mort, du destin de l’humanité ;

Ø     la guerre, le pouvoir, la conception de l’Etat ;

Ø     la société humaine et son environnement…et j’en passe

La culture, c’est donc ce qui permet de relier les hommes, franchir le temps, croiser les regards.

Tout comme au sein des identités individuelles, on note une vraie DIVERSITE au sein des cultures. Cette diversité suggère des différences, elle ne peut impliquer ni une hiérarchie (inférieure/supérieure), ni un classement périodique- à la manière de Mendeleïev- (primitive/moderne, première/contemporaine). Elles sont diverses mais égales, c'est-à-dire qu’elles ont TOUTES leurs richesses et leurs insuffisances et c’est en cela qu’elles sont appelées, dans la volonté des hommes à vivre ensemble, à la COMPLEMENTARITE, non pas une complémentarité pour l’UNIFORMISATION, mais plutôt, une complémentarité pour une AMELIORATION réciproque, mutuelle, par influences croisées. 

 

·        UNIVERSELLE?

Oui, universelle :toutes les cultures humaines ont une part d’universel, par définition, en ce qu’elles expliquent toutes le FAIT HUMAIN et orientent l’ACTION de l’Homme afin de rationaliser ses comportements. Les fondamentaux universalistes des cultures humaines ont même fait l’objet d’un début de «listage», une sorte de nomenclature:

      Comportements pro sociaux: admiration, aide, soutien

      Comportements antisociaux: agression, évitement

      Comportements asociaux: exclusion, racisme, sexisme…

      Comportements de supériorité: critiquer, ordonner

      Comportements d’infériorité: obéir, se conformer

      Comportements d’intimité: expression de soi

      Comportements de formalisme: convenances, étiquette, politesse…

….. 

·        MAIS LOCALE AUSSI… 

De la même manière, toutes les cultures ont leur part de LOCAL ou de PARTICULARITE

En effet, à partir du moment où une communauté humaine érige des lois ou établit des lois relatives aux faits humains, se pose immédiatement la question de leur extension(ou assiette, comme on dirait en matière d’impôt): à qui ou à quoi s’appliquent-elles? Est-ce à l’ensemble du phénomène humain? Est-ce à des particularités locales? Est-ce à des conditions spécifiques? Est-ce à la totalité des objets?

C’est pour cela que le classement des actes(véritables variables explicatives) reste et doit rester sujet à interprétation. Il nous appelle à la prudence, pour ne pas dire à l’humilité, quand notre tentation est forte d’UNIVERSALISER à tout prix la catégorisation des individus.

Ainsi, les OCCIDENTAUX(je n’ai pas trouvé d’autres mots…) ont mis au point une batterie d’outils pour mesurer «l’intelligence». Appliqués à des populations Bassar du nord Togo ou à des habitants des favelas du Brésil, les protocoles utilisés donneront des scores, sans aucun doute, très faibles. Est-ce à dire que ces Africains et ces Brésiliens ne sont pas intelligents? De quelle intelligence parlons-nous?

Le problème posé est manifestement celui de la VANITE  de vouloir à toute force, ériger en règles universelles des règles qui ne sont que particularistes, tout au plus témoins de leur seul ancrage culturel local. Et il va de l’intelligence comme il va de l’émotion, de l’apprentissage, du psychisme, de l’identité… 

 

2.      QUELLE COMPLEMENTARITE? 

 

·        MONOCULTURALITE? 

Voilà pourquoi, à mon sens, lorsqu’on parle de MONOCULTURALITE, il faut mettre en avant la notion de COMPLEMENTARITE, de DIALOGUE des cultures, sinon on tombe très vite dans un véritable «chausse-trappe» multiculturaliste. En effet, comment donner un statut aux multiples identités culturelles? La loi se trouve, a minima, dans l’obligation d’identifier distinctement ce qui constitue la particularité de chacune des cultures et, a maxima, par conséquent, d’inviter ces cultures à se reconnaître dans ces critères à elles imposées. Position inconfortable, difficile, d’autant plus difficile que les actions dites de «discrimination positive», c’est-à-dire utilisant les mécanismes de la discrimination pour promouvoir des minorités, entraînent dans le même temps une forte STIGMATISATION. Si un individu obtient un emploi parce qu’il relève de mesures spécifiques réservées à la minorité culturelle à laquelle il appartient, comment dès lors éviter qu’il soit désormais réduit à son «être culturel»? En conséquence, comment va-t-il se prémunir contre la tentation accrue de faire valoir de nouveaux droits supposés imprescriptibles par sa «communauté»? Et ainsi de suite…  

 

·        MULTICULTURALITE? 

Dès lors, la multiculturalité est un état de la politique culturelle qui assure la transition entre l’ethnicisation et l’auto ethnicisation, entre l’objectivation et l’auto objectivation de l'obligation de différence, entre l’exclusion et l’auto exclusion… En cela il met en place les conditions de la revendication identitaire conçue comme moyen stratégique de négociation. Les groupes, les minorités s’approprient la version culturelle de leur identité politique, pour la rejouer dans des rapports sociaux désormais ethnicisés qui, à leur tour, les stigmatisent comme communautés…

C’est ici qu’intervient la notion d’inter culturalité  en ce qu’elle reconnaît les cultures, chacune dans sa spécificité et les appelle au dialogue. 

 

3. VERS L’INTER CULTURALITE 

L’INTER CULTURALITE, c’est le mélange des cultures et donc l’acceptation puis la promotion de nouvelles formes culturelles. Elle repose sur la possibilité de l’HETEROGENEITE culturelle, de l’apparition d’une nouvelle HOMOGENEITE construite. Le consensus n’y est jamais postulé en amont, il est toujours construit et à construire en aval.

L’échec identitaire de l’individualisme que nous vivons à l’heure actuelle doit donc être compensé:

·        soit par la régression mono culturelle, unidimensionnelle

·        soit par la progression multidimensionnelle que constitue la construction inter culturelle

Se pose donc à nous la question de savoir si nous voulons un sujet culturel ou un sujet inter culturel. C’est une question importante pour toutes les sociétés humaines, notamment pour éviter que la gestion de la multiplicité de références culturelles ne débouche sur une sorte de multi culturalisme internationaliste uniformisé sur lequel ne planerait plus que, au choix, la confrontation, y compris violente, ou bien le silence, non pas des polyglottes, mais celui des «omniglottes», précisément acculturés.

 

                                          Saint Coulitz, le 24 novembre 2010

 

                                                                                                         

 

 

 

 

09 novembre 2008

SELF CONFIDENT

A partir d'aujourd'hui, je lance l'idée d'une "ORGANISATION INTERNATIONALE pour la DEFENSE et la PROMOTION des MINORITES" à travers le monde; son slogan/nom(?) est "SELF CONFIDENT" ou "LA CONFIANCE EN SOI"
Les promoteurs pressentis sont, par exemple:

Carla BRUNI-SARKOZY, pour tenir compte de ses nouveaux engagements décrits dans le Journal Du Dimanche daté du 09/11/2008)
Christiane TAUBIRA
Jessie JACKSON
Frédéric DEKLERCK
Michelle JEAN (Gouverneure Canada)
1 INUIT CANADA
1 INDIEN USA
1 PYGMEE
1LATINO
1 ABORIGENE  AUSTRALIA
moi-même, Kofi YAMGNANE
....
Aujourd'hui, c'est encore une bouteille à la mer, mais demain, au bout de mes contacts, ça sera une réalité.

JE VOUS APPELLE TOUS ET TOUTES A ADHERER EN MASSE!

"OUI, JE LE PEUX, JE LE VEUX!"
Kofi Yamgnane

07 novembre 2008

RETOUR AU TOGO

<p>RETOUR AU TOGO</p>

                         

Arrivé à Lomé le mardi 14 octobre en provenance de Paris, Kofi Yamgnane, Ancien Ministre de François MITTERRAND, a fait un séjour d’une dizaine de jours dans son Togo natal. Comme il l’avait annoncé dans un communiqué de presse avant son départ, Kofi Yamgnane est allé à Bassar et à Bangéli où les retrouvailles avec les siens ont été particulièrement émouvantes après 9 ans d’absence de celui que l’on considère ici comme le fils prodigue. Après avoir assisté à la messe à l’église de la paroisse St Martin de Bassar où il reçut  le baptême et dont il porte le nom, Kofi Yamgnane a été reçu par le Chef Suprême des Bassar, les chefs traditionnels de Kabou, de Bangéli et de Guérin-Kouka, avant de participer à la gigantesque fête organisée en son honneur par les siens. Les festivités durèrent une après-midi et toute la nuit…

Par ailleurs, il a mis à profit ce retour pour dire de vive voix, et avec quelle émotion, sa solidarité à tous ses compatriotes éprouvés par les récentes inondations. Spécialiste averti des ouvrages d’art, il s’est dit prêt à mettre ses compétences au service de son pays si les pouvoirs demandaient son concours pour la reconstruction des ponts emportés par les crues.

Enfin, à sa demande, il a été reçu par le Chef de l’Etat togolais, par des ONG, le patronat, le Consistoire de Eglises protestantes ainsi que par plusieurs ambassadeurs étrangers accrédités au Togo. Partout, il a insisté sur l’absolue nécessité et l’urgence de mettre en place les structures indispensables à l’ouverture des assemblées populaires pour débattre du projet «Vérité, Justice, Pardon, Réconciliation, Reconstruction» A ce sujet, il a dit: «…notre position est simple: depuis avant même l’indépendance du Togo, il y a eu tellement de malversations(violences, emprisonnements arbitraires, assassinats politiques et crimes en tous genres, qu’il n’y a pas une famille, un village, une région, une ethnie… qui n’ait pas eu à en déplorer. C’est pourquoi nous pensons que pour réussir cette réconciliation, TOUS les Togolais doivent pouvoir dire, parler, entendre et être entendus! Pour cela, le pouvoir politique doit absolument organiser de véritables «Etats Généraux» avec la rédaction par chaque village de «Cahiers de Doléances» à débattre lors des séances plénières ad hoc. Toute autre forme de débat qui ferait l’impasse sur ce dialogue avec l’ensemble des Togolais de l’intérieur comme ceux de l’extérieur, serait assurément vouée à l’échec, compromettant ainsi pour longtemps le redressement d’un pays matériellement totalement délabré, économiquement exsangue et socialement ravagé.»

Concernant la préparation l'organisation et le déroulement de ce déplacement, il tient tout particulièrement à remercier très vivement les dirigeants et tous les militants de de l'association CAURI, sans lesquels rien n'eût été possible.

Enfin, il convient de dire à tous les Togolais la vérité quant à l’organisation de son séjour au Togo parce que beaucoup de contre-vérités et de calomnies ont été entendues et même écrites par des imposteurs s’autoproclamant «journalistes»:

  • Aucun véhicule officiel n’a été mis à sa disposition à aucun moment de son séjour

  • Accuser Kofi Yamgnane de « régionalisme » ne peut relever que de la pure mauvaise foi ou du désir intentionnel  de nuire. Le Président de Sursaut Togo est un panafricain convaincu: Kwame N’Krumah est son modèle. Pour preuve: cette section "Plateforme panafricaine" créée au sein de son association et animée par des Africains du Burkina, de Cote- d’Ivoire, du Gabon, du Tchad, de Centre Afrique, du Togo…

                                                                     Fait à Paris, le 25 octobre 2008

                                                                     Le Secrétariat

04 septembre 2008

QUI ETES-VOUS AU JUSTE KOFI YAMGNANE ? UN HÉROS? UN SAGE? UN MYTHE?

Si je porte le prénom de Kofi, c’est parce que je suis un garçon né le vendredi et que l’on n’attendait pas… Autant dire que bien que fils de vendredi, je suis né sans Robinson pour me tenir en laisse, dans la brousse au fin fond du Togo.

En Europe, j’ai appris, souvent à mes dépens, que je ne devais compter que sur moi-même pour trouver mon chemin à travers les trop nombreuses chausse-trappes de la vie «civilisée» de ce «trop civilisé» monde occidental …

Encore aujourd'hui, dans cette quête d’une société togolaise pacifiée, ouverte, généreuse, réconciliée avec elle-même, je connais le poids de la solitude.

Mon père, mon grand-père, mon arrière-grand-père et, aussi loin que l’on puisse remonter dans ma généalogie, tous mes aïeux étaient métallurgistes tapou: ils maîtrisaient le feu et savaient transformer en fer le minerai de la montagne de Bangéli, mon village d'origine.

Quand venait la saison sèche propice à la chasse, ils chassaient, à l’arc et à la flèche. Aucun gibier ne les faisait reculer: nous sommes des Bassar issus du quartier de Bikoulkpambe, celui des «chasseurs d’éléphants».

Dans les années 1880, les colons blancs sont arrivés: des Allemands. Les miens se sont battus contre eux pour les empêcher de prendre la terre de leurs aïeux. Ils ont perdu la guerre: ils ont été soumis, déshonorés, acculturés. Face à cela, je ne nourris ni haine, ni rancune, ni soif de vengeance, ni désir d’exiger le repentir… ainsi s’écrit l’histoire des hommes. J'en ai simplement pris acte.

Je ne suis ni religieux dogmatique, ni athée, ni même agnostique mais un déiste cosmopolite qui accepte les enseignements de différentes religions. Je crois seulement en une puissance universelle qui est présente dans le cosmos et qui maintient sa cohésion: en cela, je suis profondément l’Africain que je n’ai jamais cessé d’être... Je crois donc au destin.

Le mien est venu à ma rencontre sous la forme d’un homme, un missionnaire qui a su convaincre mes parents de me laisser partir avec lui, à son école, à 40 km de mon clan. Votre fils «a l’air intelligent», leur avait-il dit, à bout d’arguments. On connaît la suite, mais pas toute la suite : elle est en train de s’écrire…

Déjà aujourd’hui, je mesure le chemin parcouru et je note sans aucune perturbation ni aucune fierté particulière, que trois temps ont scandé ma vie:

Né animiste dans la brousse togolaise, sans chercher à dominer personne, je m’impose par ma différence: héroïsme?

Emmené à l’école des blancs par un inconnu, plongé malgré moi dans le monothéisme chrétien, je gagne la confiance de mes maîtres-missionnaires-convertisseurs: sagesse?

Enfin par hasard pris en charge par la République française laïque, égalitaire et tolérante, j’acquiers la conscience que pour vivre ensemble, il faut accepter la diversité: mythe?

Oui, trois temps:

. le temps de l’héroïsme pour comprendre et accepter la différence,

. le temps de la sagesse pour gagner la confiance,

. le temps du mythe pour acquérir la conscience.

Ce parcours ne connaît aucune rupture, aucune discontinuité: tout est ordonné et continu.

C’est de cela que parle Pierre Jakez Hélias quand il écrit:

«Kofi YAMGNANE, dont le nom signifie «vive le savoir» est devenu le symbole d’une intégration réussie à force d’intelligence, de patience, de tolérance, de générosité et de constante détermination à remplir les tâches pour lesquelles on s’estime être fait. Mais l’histoire des hommes est-elle autre chose qu’une série d’intégrations successives?».

Dans toute mon action publique légitimée par les nombreux mandats politiques et professionnels que j’ai exercés, j’ai été guidé par six valeurs et trois objectifs:

6 valeurs:

lproximité et humanité: cela s’illustre par la recherche permanente du dialogue avec tout être humain croisé sur mon chemin. Tout le monde est digne d’intérêt, à priori. On a toujours quelque chose à enseigner à son voisin et on a toujours quelque chose à apprendre de lui.

lrespect et dignité: le respect de la dignité de chaque citoyen est pour moi une règle absolue. Rien, ni la jeunesse, ni la vieillesse, ni le sexe, ni l’origine, ni la maladie, ni aucune condition sociale ne peuvent porter atteinte à la dignité humaine,

ltradition et modernité: l’acceptation et le respect de la tradition de l’autre est un impératif pour bien vivre ensemble. La modernité est à la tradition ce que l’embouchure d'une rivière est à sa source: indispensables l’une à l’autre.

3 objectifs:

lprotéger les plus faibles, contre la précarité, contre l’insécurité, contre la dégradation de l’environnement; protéger les libertés individuelles et collectives,

linnover par la promotion de la vie associative, par la promotion d’une vraie démocratie, par la promotion de l’accès pour tous aux modernismes,

lconvaincre et non pas vouloir vaincre. Nous ne pouvons convaincre que par notre utilité, par notre efficacité dans nos actions, par notre sens de la solidarité en direction de tous nos concitoyens dans leur diversité, par la pertinence des projets que nous portons dans le sens de l’intérêt général.

Ce sont ces valeurs et ces objectifs qui me donnent la sérénité qu'on me reconnaît volontiers aujourd’hui et que je cultive pour demain.

J’éprouve la joie de la satisfaction des projets réalisés. J’ai naturellement quelques échecs: je n'ai  pas tout réussi... Mais je n’ai aucun remords. J’observe avec une certaine compassion la triste cohorte de remords qui tourbillonne, tel un vol de chauve-souris, autour de certains dirigeants, élus ou non.

Remords de ce qu’ils n’ont pas fait à autrui: solidarité.

Remords de ce qu’ils ont fait à autrui: méchanceté, ingratitude, trahison

Remords de ce qu’ils ne font pas avec autrui: occasions perdues.

Mais le plus exaltant est devant nous. Je vous promets que nous y arriverons, ensemble, même s’il nous faut gravir des montagnes, traverser des fleuves et des océans !

Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

... ET UN DE PLUS!

                        

Il n'y a pas longtemps, lors d'un de mes séjours à Ouaga, un ami Burkinabè me disait, parlant du Togo:

«...Oui, en effet, vous avez des problèmes au Togo. Vous en avez précisément 112 à régler! Essayez de les régler tous en même temps, car si vous jouez à vouloir les résoudre un à un, vous en avez pour des décennies et alors le peuple togolais mourra de désespoir»

Comme je lui demandais comment il avait déchiffré 112 problèmes, il me répondait:

«Vous savez, cher Monsieur Yamgnane, je connais bien votre pays, et pour cause, j'y ai vécu 12 années consécutives. Je sais comme tous les Togolais, que feu Eyadèma a reconnu 112 enfants qu'il considérait comme légitimes(...et je ne vous parle pas de ceux qu'il n'a pas reconnus!). Comme tout ce petit monde pense que le Togo appartient à leur géniteur et qu'ils reçoivent ce pays en héritage, il vous faudra les en dissuader tous, 112 fois! Prenez votre souffle!»

J'étais loin de penser qu'il parlait vrai.

Mais avec Mey Gnassingbé qui vient de créer son propre parti politique et qui rejoint ainsi ses aînés déjà dans la place...

Sans commentaire...pauvre Togo!

                                                                                                                   16 janvier 2008

19 avril 2008

AIME CESAIRE

Aimé Césaire n'est pas mort: il est dans la case, il est dans la foule...

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis

Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire

Et dans l'ombre qui s'épaissit,

Les morts ne sont pas sous la terre

Ils sont dans l'arbre qui frémit,

Ils sont dans le bois qui gémit,

Ils sont dans l'eau qui coule,

Ils sont dans l'eau qui dort,

Ils sont dans la case, ils sont dans la foule

Les morts ne sont pas morts....

Birago Diop

Aimé Césaire n'est pas mort; il est aujourd'hui tout simplement reparti chez lui, chez

ses ancêtres sur sa terre, la terre d'Afrique, la terre noire des origines, la terre des essences, la terre-mère enchanteresse que son coeur n'a jamais cessé de chanter. Nous autres dont il a éclairé la conscience et rétabli la dignité, nous ne pleurons pas. Ni le pleur, ni même la tristesse ne sont de mise chez nous en ce jour: nous sommes plutôt dans le silence du respect, de la gratitude et de la vénération de notre illustre ancêtre...

                                                                                                          Kofi Yamgnane

                                                                                                           Ancien Ministre



01 février 2008

                                COMMISSION HORTEFEUX : POURQUOI J’AI DIT OUI ?

En acceptant cette mission,

je connais les pièges tendus,

je mesure les tentatives de récupération et de débauchage,

je sais exactement ce que je ne dois pas accepter :

            *la modification de la constitution pour mettre en place les quotas

            *le durcissement des conditions d’accès des immigrés pour séduire les électeurs du front national : les tests ADN, les expulsions de 25 000 clandestins par an et les refus de visas entrent dans cette stratégie.

            *l’enregistrement par la commission des seules mesures favorables à la droite.

J’entends ceux qui me mettent en garde :

      -« quand on est de gauche et socialiste, on ne participe pas à une telle réflexion  sans se renier »,

      -« l’association des deux noms Hortefeux - Yamgnane est contre-nature »

      -…etc…

Mais j’entends aussi mes frères immigrés : la douleur de l’exil, le regard haineux de certains « accueillants », les contrôles au faciès, les trop nombreuses brimades et humiliations …

Un pied en Afrique et l’autre en France, tout à la fois citoyen africain et européen, républicain convaincu, en mon âme et conscience, j’estime que c’est mon devoir d’apporter ma contribution à toute réflexion sur l’immigration. Et mon devoir de parole et d’action en direction des immigrés m’oblige. …pour eux j’ai décidé de ne jamais renoncer !

C’est pourquoi, je me battrai pour que les conclusions de la commission servent à convaincre le Président de la République. L'Afrique, particulièrement ciblée par le projet des quotas  mérite une autre approche, une approche basée sur l’intelligence, en rupture avec les habitudes de la Françafrique. Les Africains ont le droit, eux aussi, d’accéder à la démocratie, à la santé et à l’éducation en Afrique. C’est l’unique façon de mettre fin à une immigration sauvage et massive, conséquence des conditions de vie inacceptables dues à l’incurie des dirigeants africains, avec la complaisance coupable des gouvernements des pays riches. L’année dernière, 2000 jeunes africains sont morts noyés en mer entre Gibraltar et l’Espagne: ce n’est pas tolérable !

A la veille de la présidence française de l’Union européenne, c’est là une vraie rupture à laquelle le Président de la République doit s’engager.

                                                                                 Fait à Quimper le 31  janvier 2008

                                                                                                          Kofi Yamgnane                                                                                                                                                                                                 

29 octobre 2007

TOGO: UN SCRUTIN CANADA DRY!

                


Le scutin du 14 octobre 2007 pour les élections législatives au Togo a eu toutes les apparences d'un scrutin transparent, libre et démocratique. du reste, les observateurs ne lui ont-ils pas donné ce label?

Malheureusement, il n'en avait que les apparences. En effet, il s'est achevé par un dépouillement grossièrement truqué: annulations systématiques et massives des bulletins défavorables au RPT, vols et disparitions d'urnes, intimidations...

Cependant, le mouvement démocratique et patriotique Sursaut-Togo rend hommage au peuple Togolais pour la grande maturité politique dont il fait la démonstration jour après jour pendant cette période électorale.

Malgré les trop douloureuses et trop nombreuses expériences de votes truqués et de scrutins volés par le RPT depuis des décennies, malgré toutes les violences habituelles faites contre lui, le peuple togolais est allé en masse aux urnes et par son calme et sa discipline, il a montré sa volonté d'en finir avec un régime politique corrompu et violent.

Malheureusement et comme toujours, l'espoir lui a été volé. En manipulant si grossièrement les résultats du scrutin du 14 octobre 2007, le pouvoir RPT a en réalité tenté de diviser le pays en deux en faisant croire que les populations du Nord et celles du Sud sont politiquement et idéologiquement opposées... Quand on connaît tout le mal produit dans le monde par les divisions ethniques ou régionales, les guerres provoquées, les violences engendrées, cette tentative est tout simplement inacceptable!

Le mouvement démocratique et patriotique Sursaut-Togo demande instamment à la fratrie Eyadema de cesser immédiatement de jouer aux apprentis-sorciers face à la victoire morale très importante remportée par le peuple togolais tout entier.

La dictature a réellement «mordu» la poussière et rien ne sera  plus jamais comme avant...

Peuple togolais, courage: la prochaine échéance sera la bonne!

 

 

 

 

25 octobre 2007

«DIVERSITÉ J'ÉCRIS TON NOM!»

 

                        

 

Depuis 1983, année de mon adhésion au PS,  j’ai été candidat à neuf reprises  à diverses élections. J’en ai remporté 7  dont 6 en mon nom propre!

Élu Conseiller municipal d'opposition à Saint-Coulitz en1983,

Élu Maire en 1989, réélu en 1995,

Élu Conseiller régional de Bretagne en 1992,

Élu Conseiller général du Canton de Châteaulin en 1994, réélu en 2001,

Élu Député de la circonscription de Châteaulin en 1997...

...jamais à aucune de ces occasions, je n'ai fait référence ni à mes origines africaines, ni à la couleur noire de ma peau.

Républicain jusqu'au bout des ongles, j'ai toujours pensé que seuls le mérite et le travail doivent désigner un militant socialiste à une élection républicaine. C'est pour cette raison aussi que j'ai d'abord été opposé à la loi sur la parité homme-femme, avant de m’y ranger au nom de la discipline de vote imposée par le PS  via le Groupe parlementaire.

Et… force est de constater que cette loi fut efficace...

 

Il me paraît aujourd’hui indispensable de faire deux rappels:
1- Le congrès du Mans a adopté trois motions désormais ancrées  au coeur de nos valeurs :

«Lors des consultations électorales à venir, il faudra faire respecter scrupuleusement les obligations suivantes :

  • Faire de la place à la diversité (entendez aux Noirs et aux Arabes ! )

  • Faire de la place à la parité homme-femme

  • Faire de la place aux jeunes»
    2- Pour autant, en 2007, lors des primaires pour les élections législatives, des militants couverts sinon incités par ceux-là même qui avaient eu un temps des velléités de m'accompagner dans la dure mission de l'intégration, m’ont demandé de ne pas faire valoir le principe de diversité après le vote militant : sans commentaires !
    La diversité ferait-elle plus peur que la parité?

Aujourd'hui, j'ai décidé de mettre devant leurs responsabilités respectives la direction du PS et tous ses militants en leur rappelant la nécessité de la cohérence dans leurs engagements:

Chers camarades, pensez-vous qu’il y ait mille autres façons de faire valoir la diversité au Sénat? Pourquoi le Finistère ne continuerait-t-il pas à être précurseur dans ce domaine comme il a su l’être depuis plus de vingt ans?

Louis Le Pensec a conduit la liste sénatoriale en 1997. En 2008, il n'est plus candidat. Je demande à prendre sa place et à conduire la liste socialiste aux sénatoriales en septembre prochain dans notre département.

En cela je ne m'oppose à personne. Je ne convoite la place de personne. Je veux simplement faire entrer au Sénat, au nom du PS, une voix expérimentée, compétente et respectée; une voix issue de la diversité.

 

 

15 octobre 2007

ELF: SIPHON A PETROLE OU POMPE A FRIC!

 

            

Dans l'émission annoncée sur France3 et consacrée à ELF le 16 octobre 2007, le préambule, asséné comme une vérité révélée et donc indiscutable est la suivante:

La société ELF a été créée pour assurer à la France son indépendance énergétique en matiére de pétrole!

Joli programme, louable ambition, n'est-ce pas?

Mais la vérité est vraiment toute autre! En effet, avant la naissance du Groupe ELF, la France possédait déjà une très grande société pétrolière, créée dans les années 20 et lui assurant une parfaite indépendance énergétique: la société TOTAL!

Mais voilà que le Général De Gaulle annonce en 1965 la naissance d'une autre société pétrolière pour laquelle le montage suivant est imaginé puis mis en oeuvre:

Les trois sociétés françaises qui vont donner naissance à Elf Aquitaine sont les suivantes:

  • la Régie autonome des pétroles (RAP) créée le 29 juillet 1939 pour exploiter le champ de gaz de Saint-Marcet en Haute-Garonne 

  • la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (SNPA), née par la loi du 10 novembre 1941 

  • le Bureau de recherche de pétrole (BRP) créé en 1945

La RAP, la SNPA et le BRP fusionnent en 1966 pour donner naissance à l’ERAP (surnomée Elf-RAP de 1967 à 1976) qui devient la Société Nationale Elf Aquitaine (SNEA) le 1er septembre 1976. Quant à la marque ELF, elle a été créée le 27 avril 1967.

Pour quelle raison De Gaulle a-t-il fait une telle manoeuvre?

Pour une raison simple: créer une pompe à fric pour le parti gaulliste, y compris en compromettant par la corruption les roitelets africains qui n'en demandaient pas tant!

Tous les Présidents français suivants ont continué à utiliser ELF comme pompe à finances... jusqu'au scandale connu!

Morale de l'histoire: tout le monde accuse aujourd'hui les Chefs d'Etat africains de corruption, mais personne ne montre du doigt le corrupteur!
Cherhez l'erreur!