Précédés par les Députés UMP, certains tordent l’histoire pour régler des comptes, magnifier leur famille et leurs ancêtres, satisfaire une clientèle, marginaliser et exclure les autres.
La colonisation n’a été ni un ballet rose, ni une promenade de santé ! Quand les dirigeants d’un pays décident de soumettre, de dominer et d’exploiter tout un peuple, cela ne peut pas se faire sans violences ni sans violations des droits humains les plus élémentaires. Il n’y a là aucune place pour un rôle positif !
Pour moi l’objectif principal des Français n’était pas d’éduquer les Togolais, malgré la mission civilisatrice mise en avant par Jules Ferry puis par tous les gouvernements de la troisième république, relayés par les manuels scolaires et la plupart des intellectuels d’avant 1939.Tout ce qui a été fait et que revendiquent les colonialistes d’hier et d’aujourd’hui, l’a été pour le seul bénéfice du colonisateur ; il en va ainsi des pistes, des ports, des hôpitaux et même des écoles, afin que l’indigène reste en permanence au service de son « patron ».
La colonisation n’est que le prolongement de l’esclavage : c’est l’esclavage transporté sur place ! Louis XIV a montré la voie en 1685 avec le Code Noir qui assimilait les esclaves à des biens meubles sur qui les maîtres avaient tous pouvoirs.
Dans le prolongement de ce Code Noir, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’en 1946, le Code de l’Indigénat a justifié les travaux forcés, les humiliations, les amendes et les peines de prison pour propos dits offensants, instituant l’inégalité avec les colons, même en Algérie et contredisant la soi-disant assimilation.
Moi-même produit-standard de cette colonisation, allemande pour mes ancêtres, française pour mon compte personnel, je puis témoigner que l’éducation reçue des pères blancs du collège Saint-Joseph de Lomé m’a ouvert les portes de l’ascension sociale, mais aussi m’a coupé d’une part non négligeable de ma culture.
Je pense souvent cependant à mes nombreux amis d’enfance laissés pour compte au village, à l’écart d’une école qui ne recevait qu’une petite minorité.
Comme les autres colonisateurs, les Français ont recherché avant tout l’exploitation et la domination, sources de profits pour eux et de souffrances pour les colonisés.
Des Noirs ont été exposés dans de véritables zoos humains, à partir de la fin du 19ème, soit au jardin zoologique d’acclimatation, soit dans les expositions universelles ou coloniales.
Dans le cadre d’une conquête militaire souvent violente, la colonne infernale, Voulet-Chanoine, a massacré plusieurs milliers d’Africains du Niger au Tchad en 1899. Plus près de nous, on peut rappeler la répression des manifestations de Sétif le 8 mai 1945 et l’anéantissement de la révolte malgache en 47-48. Après 1945, la France classée dans le camp des vainqueurs mais humiliée par sa défaite de 1940, s’accroche à cet empire qu’elle ne lâchera qu’au prix des guerres d’Indochine et d’Algérie.
A l’inverse la participation des peuples d’Afrique et d’Asie dans l’effort de guerre français en 14-18 et en 39-45 méritait une plus juste reconnaissance. Plus de la moitié des forces qui ont débarqué en Provence en août 1944 étaient africaines. De même ces immigrants qu’on renvoie aujourd’hui par charters ont fait eux aussi la croissance de la France.
Nous ne devons pas être prisonniers de l’histoire. Ce qui importe aujourd’hui c’est le présent et l’avenir de la France et des Français.
Il nous faut assumer cependant tout notre passé pour pouvoir le dépasser. Sans se couvrir la tête de cendres nous devons considérer les points positifs et négatifs, les ombres et les lumières, sans rien occulter. Mais ça, c’est l’affaire des historiens, pas celle des députés !
Plutôt que de multiplier les commémorations ou de faire de la surenchère dans la victimisation, je pense qu’il faut savoir tirer toutes les leçons de cette histoire afin d’apprendre à mieux se connaître et à mieux se respecter plutôt que de s’opposer ou se rejeter.
Je répète : contrairement à ce que B. Poignant insinue, personne ne demande à la France de se lever tous les matins en se battant la coulpe ! Il faut seulement qu’elle reconnaisse et assume son histoire, en l’inscrivant dans ses manuels scolaires et en l’enseignant aux générations présentes et à venir ! Quelle est la légitimité de la présence de tous ces métèques sur son territoire national ? C’est à elle de l’expliquer afin que les Arabes et les Noirs, les Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens, tous les ressortissants de « l’Empire français » qui se sont battus ici pour sortir la « mère-patrie » des griffes de l’Allemagne, marchent tête haute dans ce pays.
C’est la connaissance de cette histoire qui facilitera le « vivre-ensemble » de tous ceux dont le sort et le sang ont été historiquement mêlés !
Le repli sur les communautés s’explique par la recherche d’un refuge et d’un soutien face aux discriminations et face à l’exclusion. Trouver quelqu’un à qui parler, trouver un peu de chaleur humaine, c’est parfois utile pour ne pas sombrer. Avant 1939 les Italiens et les Polonais avaient eux aussi créé de puissantes communautés dans les régions minières du Nord et du Nord-Est.
Les médiateurs qui interviennent dans les cités comme à Rezé en Loire-Atlantique sont le plus souvent bien accueillis. Les associations jouent un rôle irremplaçable pour raccommoder le tissu social. Construire ensemble le récit du passé évitera les malentendus et les images d’Epinal.
Aujourd’hui nous devons tous accepter l’existence d’une société multiculturelle et métissée. Les colonies ont débarqué dans la métropole. Nous ne sortirons de notre malaise que lorsque les enfants d’immigrés, nés en France, ne se diront plus seulement Algériens, Tunisiens ou Maliens, mais Français.
Le sentiment d’appartenance se construit tous les jours par l’acceptation des différences et l’égalité des droits.
Il y a partout en France, et pas seulement dans le 16ème arrondissement de Paris ou à Neuilly, des richesses humaines qui méritent d’être encouragées dans l’embauche et dans les promotions des compétences et des talents précieux en cette période de stagnation.
On ne peut plus brandir la devise de la République, se draper dans la Déclaration des Droits de l’Homme, et accepter la ségrégation dans le logement, l’interdiction des boites de nuit et le chômage au faciès. Faire appliquer les lois est une tâche prioritaire avant d’en faire de nouvelles.
Etre français aujourd’hui c’est connaître son histoire, c’est connaître ses droits mais aussi ses devoirs, c’est accepter de vivre ensemble et d’être un citoyen actif.
Kofi Yamgnane
Président de la Fondation pour l’Intégration Républicaine


Je voterai pour Dieudonné M'Bala M'bala en 2007, car c'est grâce à lui que nous reparlons aujourd'hui du Code Noir?.
Bien que Métis, c'est Dieudonné qui représente actuellement la communauté noire et la plupart des laissés pour compte de France,issus ou non de l'immigration.
Rédigé par: Tina | 25 mars 2006 à 08:36
Tina a raison.
C'est grâce à Dieudo si Roselmack présentera le JT de 2OH.
C'est un vrai homme, lui! Il n'hésite pas à prendre des risques, judiciaires et physiques. C'est pour cela que, bien que musulmane, Dieudo aura ma voix en 2007, si les "républicains" le laissent avoir ses 500 signatures. Voire...
Rédigé par: Zaynab | 26 mars 2006 à 18:24
Monsieur Yamgnane,
Je trouve votre détermination à faire avancer les choses au Togo très louable... Cependant, je trouve que les actions qui ont été menées jusqu'à maintenant n'ont et n'auront aucun effet sur le camp chiraquien et ses réseaux mafieux.
Jusqu'ici, la soi-disant opposition togoalaise n'a fait qu'à aggraver la situation des togolais. Pourquoi ne pas s'inspirer de la façon dont nos aînés ont réussi à imposer la décolonisation aux colons? Il faudra bien entendu, l'adapter et la contextualiser par rapport aux réalités d'aujourd'hui... Les togolais souffrent d'une très grave crise identitaire. Nous devons à tout prix, nous réconcilier avec notre passé et nos racines...
Pour finir, je vous en prie évitons les slogans qui ne veulent rien dire. La peur ne changera jamais de camp! Vous n'êtes pas sans savoir que la peur est un sentiment que toute personne ressent tout au long de sa vie, à un moment ou à un autre. Même le clan Gnass a aussi peur de perdre toutes les richesses qu'ils ont illégalement amassées pendant plus de 40 ans. Quant à nous, on a peur de mourrir et en plus pour rien... Il faudra plutôt parler de COURAGE dans les deux cas. Ayons le courage de changer!!! Ne trouvez-vous pas? Celui d'oser d'inventer un autre avenir pour le Togo. Sinon, tous ceux qui ont été assassinés par ces prédateurs qui nous gouvernent, sera finalement pour rien.
Je vous souhaite bonne route...
David Apaloo
Rédigé par: David Apaloo | 21 juin 2006 à 09:10
Il m'apparaît évident que le capitalisme porte en lui le « germe » de ce que l'on peut appeler maladie sociale ou langueur sociétale. En effet le capitalisme au lieu d'avoir satisfait les besoins élémentaires de l'humanité, c'était et c'est toujours le but que s'assigne ces défenseurs, à créer à l'échelle du monde plus de problèmes en terme de pauvreté , et cela même si les libéraux disent le contraire , mais aussi de zone géographique déstabilisée ou troublée au point d'être dans l'incapacité de trouver des solutions locales à des problèmes de nourriture de population , et cela même si dans leurs histoires et dans leurs potentialités ces problèmes sont résolubles . J'en veux pour preuve l'agriculture en Afrique, tous ceux qui connaissent un peu ce continent savent que le potentiel agronomique existe, qu'à une certaine époque certains pays de l'Empire Français ou Britannique étaient des « greniers à blés », mais que le pouvoir n'appartenait pas aux populations locales ! Nous avons connus la décolonisation, et ces peuples eux n'ont pas eux la possibilité d'avoir leurs propre dynamique de développement et la question de savoir si sans la colonisation, quel degré de développement avec des critères occidentaux ou les leurs aurait-ils atteints, pour moi n'est pas pertinente, elle est même insultante. Car j'ai vu de mes propres yeux des résultats d'agriculture surprenant dans le pays DOGON au Mali éloigné des grandes villes (ils font pousser des oignons sur des cailloux des rochers et il ya du rendement) !
C'est donc autre chose qui font que règne une certaine « langueur » Chez les peuples, qu'ils soient du Sud ou du Nord, c'est peut-être une certaine forme de résistance inconsciente à une réalité imposé par les « maîtres » ! Car pour en revenir à l'agriculture, il ne suffisait pas d'asservir par la colonisation, le travail forcé les populations du Sud, de les avoirs « lâchés » car « ingérable » par ce bon Général. Non en plus les initiatives locales sont laminées par des politiques agricoles du Nord qui consiste à subventionnée des produits comme le poulet, le riz afin que les populations du Sud les achètent à des prix bien en dessous des prix de revient des produits locaux ! Et pour quoi ? La réponse est simple : n'ayant pu se développer comme le Nord pour cause d'asservissement, le Sud et en particulier l'Afrique n'a pu transformer son agriculture comme au Nord. Ils en sont restés au travail à la main, ce qui veut dire que 1 kg de riz produit dans les rizières du Sud ou de coton, c'est 200heures de travail pour 1 heure dans les rizières américaines ou dans les champs de coton. Et en plus de cela nous donnons aux producteurs occidentaux de l'argent pour compenser le cour mondiale ! Mais en plus cela ne rend pas la grande majorité des agriculteurs du Nord Heureux. Pour cause de revenus insuffisants, et nous avons un problème de suicide dans cette population du Nord ! Donc :
Le capitalisme tue au Sud et Au Nord !
Rédigé par: Jacques Canevet | 31 janvier 2008 à 21:41
Il m'apparaît évident que le capitalisme porte en lui le « germe » de ce que l'on peut appeler maladie sociale ou langueur sociétale. En effet le capitalisme au lieu d'avoir satisfait les besoins élémentaires de l'humanité, c'était et c'est toujours le but que s'assigne ces défenseurs, à créer à l'échelle du monde plus de problèmes en terme de pauvreté , et cela même si les libéraux disent le contraire , mais aussi de zone géographique déstabilisée ou troublée au point d'être dans l'incapacité de trouver des solutions locales à des problèmes de nourriture de population , et cela même si dans leurs histoires et dans leurs potentialités ces problèmes sont résolubles . J'en veux pour preuve l'agriculture en Afrique, tous ceux qui connaissent un peu ce continent savent que le potentiel agronomique existe, qu'à une certaine époque certains pays de l'Empire Français ou Britannique étaient des « greniers à blés », mais que le pouvoir n'appartenait pas aux populations locales ! Nous avons connus la décolonisation, et ces peuples eux n'ont pas eux la possibilité d'avoir leurs propre dynamique de développement et la question de savoir si sans la colonisation, quel degré de développement avec des critères occidentaux ou les leurs aurait-ils atteints, pour moi n'est pas pertinente, elle est même insultante. Car j'ai vu de mes propres yeux des résultats d'agriculture surprenant dans le pays DOGON au Mali éloigné des grandes villes (ils font pousser des oignons sur des cailloux des rochers et il ya du rendement) !
C'est donc autre chose qui font que règne une certaine « langueur » Chez les peuples, qu'ils soient du Sud ou du Nord, c'est peut-être une certaine forme de résistance inconsciente à une réalité imposé par les « maîtres » ! Car pour en revenir à l'agriculture, il ne suffisait pas d'asservir par la colonisation, le travail forcé les populations du Sud, de les avoirs « lâchés » car « ingérable » par ce bon Général. Non en plus les initiatives locales sont laminées par des politiques agricoles du Nord qui consiste à subventionnée des produits comme le poulet, le riz afin que les populations du Sud les achètent à des prix bien en dessous des prix de revient des produits locaux ! Et pour quoi ? La réponse est simple : n'ayant pu se développer comme le Nord pour cause d'asservissement, le Sud et en particulier l'Afrique n'a pu transformer son agriculture comme au Nord. Ils en sont restés au travail à la main, ce qui veut dire que 1 kg de riz produit dans les rizières du Sud ou de coton, c'est 200heures de travail pour 1 heure dans les rizières américaines ou dans les champs de coton. Et en plus de cela nous donnons aux producteurs occidentaux de l'argent pour compenser le cour mondiale ! Mais en plus cela ne rend pas la grande majorité des agriculteurs du Nord Heureux. Pour cause de revenus insuffisants, et nous avons un problème de suicide dans cette population du Nord ! Donc :
Le capitalisme tue au Sud et Au Nord !
Rédigé par: Jacques Canevet | 31 janvier 2008 à 21:44