Si je porte le prénom de Kofi, c’est parce que je suis un garçon né le vendredi et que l’on n’attendait pas… Autant dire que bien que fils de vendredi, je suis né sans Robinson pour me tenir en laisse, dans la brousse au fin fond du Togo.
En Europe, j’ai appris, souvent à mes dépens, que je ne devais compter que sur moi-même pour trouver mon chemin à travers les trop nombreuses chausse-trappes de la vie «civilisée» de ce «trop civilisé» monde occidental …
Encore aujourd'hui, dans cette quête d’une société togolaise pacifiée, ouverte, généreuse, réconciliée avec elle-même, je connais le poids de la solitude.
Mon père, mon grand-père, mon arrière-grand-père et, aussi loin que l’on puisse remonter dans ma généalogie, tous mes aïeux étaient métallurgistes tapou: ils maîtrisaient le feu et savaient transformer en fer le minerai de la montagne de Bangéli, mon village d'origine.
Quand venait la saison sèche propice à la chasse, ils chassaient, à l’arc et à la flèche. Aucun gibier ne les faisait reculer: nous sommes des Bassar issus du quartier de Bikoulkpambe, celui des «chasseurs d’éléphants».
Dans les années 1880, les colons blancs sont arrivés: des Allemands. Les miens se sont battus contre eux pour les empêcher de prendre la terre de leurs aïeux. Ils ont perdu la guerre: ils ont été soumis, déshonorés, acculturés. Face à cela, je ne nourris ni haine, ni rancune, ni soif de vengeance, ni désir d’exiger le repentir… ainsi s’écrit l’histoire des hommes. J'en ai simplement pris acte.
Je ne suis ni religieux dogmatique, ni athée, ni même agnostique mais un déiste cosmopolite qui accepte les enseignements de différentes religions. Je crois seulement en une puissance universelle qui est présente dans le cosmos et qui maintient sa cohésion: en cela, je suis profondément l’Africain que je n’ai jamais cessé d’être... Je crois donc au destin.
Le mien est venu à ma rencontre sous la forme d’un homme, un missionnaire qui a su convaincre mes parents de me laisser partir avec lui, à son école, à 40 km de mon clan. Votre fils «a l’air intelligent», leur avait-il dit, à bout d’arguments. On connaît la suite, mais pas toute la suite : elle est en train de s’écrire…
Déjà aujourd’hui, je mesure le chemin parcouru et je note sans aucune perturbation ni aucune fierté particulière, que trois temps ont scandé ma vie:
Né animiste dans la brousse togolaise, sans chercher à dominer personne, je m’impose par ma différence: héroïsme?
Emmené à l’école des blancs par un inconnu, plongé malgré moi dans le monothéisme chrétien, je gagne la confiance de mes maîtres-missionnaires-convertisseurs: sagesse?
Enfin par hasard pris en charge par la République française laïque, égalitaire et tolérante, j’acquiers la conscience que pour vivre ensemble, il faut accepter la diversité: mythe?
Oui, trois temps:
. le temps de l’héroïsme pour comprendre et accepter la différence,
. le temps de la sagesse pour gagner la confiance,
. le temps du mythe pour acquérir la conscience.
Ce parcours ne connaît aucune rupture, aucune discontinuité: tout est ordonné et continu.
C’est de cela que parle Pierre Jakez Hélias quand il écrit:
«Kofi YAMGNANE, dont le nom signifie «vive le savoir» est devenu le symbole d’une intégration réussie à force d’intelligence, de patience, de tolérance, de générosité et de constante détermination à remplir les tâches pour lesquelles on s’estime être fait. Mais l’histoire des hommes est-elle autre chose qu’une série d’intégrations successives?».
Dans toute mon action publique légitimée par les nombreux mandats politiques et professionnels que j’ai exercés, j’ai été guidé par six valeurs et trois objectifs:
6 valeurs:
lproximité et humanité: cela s’illustre par la recherche permanente du dialogue avec tout être humain croisé sur mon chemin. Tout le monde est digne d’intérêt, à priori. On a toujours quelque chose à enseigner à son voisin et on a toujours quelque chose à apprendre de lui.
lrespect et dignité: le respect de la dignité de chaque citoyen est pour moi une règle absolue. Rien, ni la jeunesse, ni la vieillesse, ni le sexe, ni l’origine, ni la maladie, ni aucune condition sociale ne peuvent porter atteinte à la dignité humaine,
ltradition et modernité: l’acceptation et le respect de la tradition de l’autre est un impératif pour bien vivre ensemble. La modernité est à la tradition ce que l’embouchure d'une rivière est à sa source: indispensables l’une à l’autre.
3 objectifs:
lprotéger les plus faibles, contre la précarité, contre l’insécurité, contre la dégradation de l’environnement; protéger les libertés individuelles et collectives,
linnover par la promotion de la vie associative, par la promotion d’une vraie démocratie, par la promotion de l’accès pour tous aux modernismes,
lconvaincre et non pas vouloir vaincre. Nous ne pouvons convaincre que par notre utilité, par notre efficacité dans nos actions, par notre sens de la solidarité en direction de tous nos concitoyens dans leur diversité, par la pertinence des projets que nous portons dans le sens de l’intérêt général.
Ce sont ces valeurs et ces objectifs qui me donnent la sérénité qu'on me reconnaît volontiers aujourd’hui et que je cultive pour demain.
J’éprouve la joie de la satisfaction des projets réalisés. J’ai naturellement quelques échecs: je n'ai pas tout réussi... Mais je n’ai aucun remords. J’observe avec une certaine compassion la triste cohorte de remords qui tourbillonne, tel un vol de chauve-souris, autour de certains dirigeants, élus ou non.
Remords de ce qu’ils n’ont pas fait à autrui: solidarité.
Remords de ce qu’ils ont fait à autrui: méchanceté, ingratitude, trahison
Remords de ce qu’ils ne font pas avec autrui: occasions perdues.
Mais le plus exaltant est devant nous. Je vous promets que nous y arriverons, ensemble, même s’il nous faut gravir des montagnes, traverser des fleuves et des océans !
Là où il y a une volonté, il y a un chemin.


Bonjour,
Suite à une décision arbitraire de notre gouvernement de délocaliser un grand nombre de statisticiens publics à Metz,
nous avons mis en place une pétition nationale:
http://www.sauvonslastatistiquepublique.org/index.php
La délocalisation est une atteinte à l’efficacité de la statistique publique.
Steven Gouichoux
Insee
Section "Internet et nouveaux moyens de diffusion"
Tel : 01 41 17 67 37
Rédigé par: Gouichoux René | 07 octobre 2008 à 14:36
Bonjour, et merci pour vos propos.
C'est clair, précis et plein de sagesse !
Que d'autres hommes politiques en prennent de la graine !
Yann.
Rédigé par: Yann Le Doaré | 14 octobre 2008 à 10:46
Mon cher grand frere je suis décidé à vous contacter suite à une longue réflexion.je me présente : Monsieur BEDY KOKOU TSANLEVO je suis le secrétaire Général du parti democratique panafricain (PDP)je suis également le 1e vice president de l'union des des fondateurs d'Ecole privées laique du togo UFEPLAT . Je suis séduit par la qualité de vos analyses sur les problemes de notre pays le togo et je veux etre aves vous pour apporter ma petite contribution à votre engagement. voici mon contact. +2289453830 :+2282250873;
Rédigé par: BEDY KOKOU TSANLEVO | 20 octobre 2008 à 21:27
Cher frère,
Je suis heureux de vous connaître. je suis à votre disposition pour "faire un bout de chemin" ensemble, pour notre pays.
Je fferai une déclaration officielle de candidature pour 2010, depuis Lomé, probalement avant la fin de l'année.
Mon adresse: kofi.yamgnane@free.fr
Vous pouvez aussi joindre mon plus proche collaborateur à :fabreric1@free.fr; tél: +33632337692
En fraternité
Kofi
Rédigé par: kofi.yamgnane | 01 novembre 2008 à 18:40